Emmanuelle Vial, Vestige des bulles 6.
Métro bondé fin de journée il fait chaud
ça pue le parfum bon marché la sueur l’impatience.
Elle aimerait suspendre le temps
se mettre dans une bulle.
Elle rêve de s’échapper
disparaître
se soustraire.
Elle méprise ce troupeau
les fourmis les sédentaires
leurs pensées de naphtaline.
Yeux fermés
lèvres serrées
elle veut le silence et la paix.
Elle veut le vide elle veut le rien.
Elle s’extrait de ce monde
se retire en elle-même.
Elle rêve d’un Ailleurs
un non-lieu
qui n’existerait que pour elle et à travers elle.
