
René Magritte, La clef des songes, 1930.
Cette nuit
Une autre vie.
Allongée sur des plumes dans la mansarde
La flamme se balance au plafond de bois
Une cigarette se consume entre mes doigts
Je nage dans l’azur les nuages filent
Neige mousseuse coton flocons soyeux
Je flotte la lune si proche si ronde de douceur
Je m’obstine à courir dévaler des escaliers en colimaçon
Traverser un désert poudreux de la poussière plein les yeux
Je m’essouffle un orage colérique me rattrape
Les pommes sont pourries dans le jardin chancelant
La foudre déchire la toile et balafre le soleil
Plus rien ne sera comme avant
Derrière la porte d’arabesques et de vitraux bleus
Des paillettes de lui au bout de mon pinceau
Mes pensées-papillons dansent et éclatent en bulles
L’aube se rose de diamants l’églantine éclot
Dans les fulgurances je déchiffre le monde
Une étoile me murmure une île sans fin
Cette autre vie
Une nuit.
