la neige des mots

Freak me out 14 novembre 2008

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 4:25
Tags: , , ,

freaks

“Freaks, la monstrueuse parade” de Tod Browning, 1932.

“Nous ne vous avons pas menti, nous vous avions annoncé des monstres, et vous avez vu des monstres. Ils vous ont fait rire et trembler… Pourtant, si le hasard l’avait voulu, vous pourriez être l’un d’eux. Ils n’ont pas demandé à naître, mais ils sont nés, ils vivent. Ils ont leurs codes, leurs lois. Offenser l’un d’entre eux, c’est les offenser tous…”

Bienvenue au cirque Tetrallini, où le bonimenteur vous promet que allez voir la plus monstrueuse créature du monde, qui fut pourtant autrefois une superbe femme adulée.

Le lilliputien Hans a délaissé sa fiancée, l’adorable écuyère naine Frieda, depuis que la belle trapéziste Cléopâtre lui a accordé ses faveurs. Mais une personne “normale” peut-elle aimer un freak ? Entre les roulottes, les amis de Hans, l’homme-tronc, Joseph/Joséphine à la fois homme et femme, les sœurs siamoises et leur fiancé bègue, l’homme-ver ou encore la femme à barbe, n’y croient pas. Cléopâtre, bien décidée à mettre la main sur la fortune de Hans avec l’aide de son amant Hercule, le M. Muscle du cirque, épouse le nain énamouré, rejette avec dégout la proposition des freaks de faire partie des leurs et tente d’empoisonner Hans. Les freaks vont alors se venger de Cléopâtre et en faire à son tour un monstre…

Un vrai film bizarre, qui interpelle et interroge le rapport à la normalité et au corps. Le film est en grande partie réaliste et montre le quotidien du cirque. Les freaks du film, notamment produits par le cirque Barnum, sont tous réels, ils étaient même de véritables stars à l’époque. L’histoire des freaks a travers les temps est d’ailleurs passionnante (un aperçu ici, une bibliographie et si vous voulez voir des photos de certaines de ces célébrités, ici et ). Sorti par la Metro Goldwin Mayer à une époque où les Frankenstein et autres Dracula (que Tod Browning a d’ailleurs également réalisé) cartonnaient, le traitement cinématographique du “monstre humain” en prend le contrepied et reste vraiment unique,  les freaks n’y sont pas esthétisés. Certaines scènes sont très sombres, angoissantes comme lorsque l’homme-ver rampe sous les roulottes, quand les personnages s’épient (Joseph/Joséphine voyeur/voyeuse des ébats de Cléopâtre et d’Hercule) et bien sûr la scène dans laquelle ils se vengent cruellement, mais il y a aussi de la tendresse, comme dans la romance entre le clown et la dresseuse d’animaux ou dans le personnage de Madame Tetrallini, et de l’humour, dans les chamailleries croisées du fiancé bègue avec les sœurs siamoises ou encore lorsque l’homme-ver se roule une clope. Les deux scènes magistrales du film sont la scène du mariage (regarder ) et la scène de vengeance.

Ici : un article intéressant sur Phineas Taylor Barnum ” l’exhibitionniste génial, le montreur de sirènes et de frères siamois, le showman numéro un des Etats-Unis, l’Homo americanus par excellence, plus médiabolique que Michael Jackson, plus pop que Warhol, plus trash que Jackass, plus inhumain que le Joker de Batman, plus bizarre que Tim Burton, plus fin connaisseur de la Société du Spectacle que Guy Debord, plus subtil magicien de la simulation et du simulacre que Jean Baudrillard. Barnum incarne la pensée de Walter Benjamin, selon lequel la modernité est cette expérience où “le choc est devenu la norme”. Il a mis l’excentricité au centre du monde. Pour s’insinuer dans les consciences, il est prêt à tout: à la fantaisie la plus burlesque comme à la plus atroce abjection.”

freaks la monstrueuse parade

 

Fume, c’est du bon 12 novembre 2008

Classé dans : vanités — Neige @ 10:15
Tags:

Van Gogh, crâne avec cigarette

Vincent Van Gogh, Crâne avec cigarette allumée, 1885.

 

Ces photos vous choquent-t-elles? 4 novembre 2008

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 10:02
Tags:

Oleg Kulik, The Mad Dog, Performance 1994

Courtesy Oleg Kulik et Galerie Rabouan Moussion-Paris.

Kulik Kulik

Deux événements survenus lors de la FIAC m’ont interpellée. Je précise que contrairement à Magda , je ne suis pas allée à la grand-messe annuelle de l’art contemporain.

Le premier événement est un acte de censure : après une plainte et sur ordre du parquet de Paris, la police est intervenue pendant la FIAC pour retirer des photos de l’artiste russe Oleg Kulik sur le stand de la galerie moscovite XL. Les galeristes ont été emmenés pour être entendus. On leur reproche la «diffusion d’images à caractères violent, pornographique ou contraire à la dignité humaine». Les images ont été restituées mais avec l’interdiction de les exposer. Ces photos proviennent d’une performance de l’artiste dans les rues de Moscou en 1994, dans laquelle il est nu, en laisse et aboie sur les passants tel un chien enragé. Les photos ont fait le tour du monde depuis leur création, on les trouve dans les livres d’art contemporain type « qu’est-ce que l’art contemporain », l’artiste a été exposé dans plusieurs foires et biennales importantes. Ces photos peuvent paraitre dures, mais l’art n’est pas forcément fait pour faire joli dans un salon. La réalité à laquelle s’attaquent les artistes est infiniment plus dure que les images qu’ils en font ! Il y a dans cette performance un réel message, une démarche de l’artiste, qui à la fois dénonce la servilité de ses concitoyens pendant le communisme comme après, met en scène la relation entre l’homme et l’animal, et répond à la violence de la société par la violence de son art.

Un second événement lors de la FIAC m’a interpellée : à la galerie anglaise White cube, les frères Chapman, artistes du mouvement des « Young British Artists» (comme le surévalué Damien Hirst), présentent des aquarelles peintes par Hitler entre 1916 et 1918 sur lesquelles ils ont peints, comme des enfants vengeurs, des arcs en ciel et formes colorées. En mai, ils avaient déjà exposé à Londres une première série d’aquarelles repeintes, intitulée If Hitler Had Been a Hippy How Happy Would We Be (“Si Hitler avait été hippie, comme nous serions heureux”). Ca a dû être assez jouissif sur le coup, de dénaturer les œuvres de celui qui n’avait pas hésité à en brûler. Mais je trouve le concept bidon, artistiquement ça n’a que peu d’intérêt, en revanche ce sont des documents intéressants pour les historiens et je trouve vraiment dommage de les avoir détériorés, d’autant plus que les sources premières manquent souvent sur cette période. En même temps c’est un geste qui s’inscrit dans une appropriation de cette histoire-là, mais on est loin d’un travail de mémoire qui aurait pu être pertinent. Enfin, c’est une atteinte au code de la propriété intellectuelle : lorsqu’on acquiert une œuvre, on en a la propriété matérielle et non intellectuelle, on ne peut pas transformer une œuvre achetée sans l’accord de l’artiste ou de ses ayant droits.

 

La violoncelliste 27 octobre 2008

Classé dans : Petites histoires — Neige @ 2:41
Tags: ,

Comme tous les dimanches je vais en faire une heure ce matin, et encore une heure cet après-midi. J’aime jouer du violoncelle, j’aime quand mes doigts courent sur la corde, quand j’entoure le corps de l’instrument, que mon poignet accompagne l’archet et que le son de velours m’envahit toute entière. Mais parfois, j’aimerais le jeter contre le mur, casser l’archet en deux, répandre de la colophane partout, et m’enfuir le plus loin possible de ce salon de musique.

Mais ce n’est pas le violoncelle le problème. C’est juste que je me sens étriquée dans cette vie trop rangée. Cette queue de cheval si lisse, ce jupon repassé, cette véranda cossue, est-ce bien moi ? Tout est réglé comme du papier à musique, pas d’improvisation possible.

Cette journée ne passera jamais, je suis déjà si lasse. Et ce soir on nous servira du thé dans la bibliothèque, Louis passera nous voir comme tous les dimanches soirs, et comme tous les dimanches soirs il jouera du piano, ma mère s’extasiera, elle nous laissera seule un moment, il me prendra la main et me dira des choses gentilles et plates.

Depuis toujours je m’ennuie, je me sens ailleurs, je ne la vis pas cette vie, tout glisse sur moi. Je suis si parfaite, je fais la fierté de ma mère, j’ai des amis de bonne famille, mon latin et mon grec sont plus qu’excellents, on me dit brillante en littérature et douée en couture, mais je me sens si lointaine de ça, si indifférente, comme éteinte à l’intérieur.

Depuis presque deux mois, je me suis réveillée. Avec Amélie, je suis allée dans un club, la musique était démente, un gars m’a prise par la taille et fait tourner, la batterie était si rapide, le son cognait dans mes tempes et mes genoux sont devenus du caoutchouc. J’ai ressenti comme une sensualité et en même temps une envie de sauter partout. Une envie d’en être. Cette musique, ces gens, cette joyeuse folie m’ont faite me sentir vivante pour la première fois depuis la mort de papa.

Je suis retournée dans cette cave enfumée, encore et encore, je me suis fait tourner la tête, et j’ai adoré ça. Alors ce soir dans la bibliothèque, j’annoncerai à ma mère et à Louis que je pars en tournée avec un groupe de rock’n'roll.

 

Vestige des bulles 15 octobre 2008

Classé dans : Petites histoires — Neige @ 6:01
Tags: ,

Emmanuelle Vial, Vestige des bulles1

http://in-errances.blog.lemonde.fr/inerrances/

Lili,

Tu dois être surprise et même perplexe que je t’envoie cette carte postale. Après si longtemps. Je t’écris depuis un endroit qui nous a été bien particulier. Je suis retournée voir la maison du sud. Elle  est toujours là, avec ses vieilles pierres bienveillantes et sa vigne vierge débordante. Je suis allée dans le jardin, plus sauvage que jamais, et j’ai repensé à ces moments lumineux que nous avons passé ici. Je me souviens de nos jeux, de nos parties de cache-cache après avoir vidé la cave. Je me souviens de la petite piscine en boudins plastique dans laquelle on se prélassait en fumant. Je me souviens de nos conversations, entrelacées dans le hamac. Il ne reste rien de ces jours d’été, de nos fous-rires, de notre insouciance câline. Juste une trace en moi, vestige des bulles.

Je voulais juste te raconter ça, une nostalgie m’a saisie dans ce jardin.

Je t’embrasse,

Ta Neige.

 

Vanités Namibiennes 7 octobre 2008

Classé dans : vanités — Neige @ 10:01
Tags: , ,

vanitas vanitatum omnia vanitas (vanité des vanités, tout est vanité)


Photos que j’ai prises à Pomona, une ville fantôme de la « Sperrgebiet » envahie par le sable depuis son    abandon par les chercheurs de diamants.

 

Haïku du soir 7 octobre 2008

Classé dans : Parenthèses poétiques — Neige @ 7:07
Tags: , ,

Une page blanche

Les draps sans toi

Je les froisse pour oublier le spleen et les pieds froids.

 

Entre les murs- Avant le film 21 septembre 2008

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 1:58
Tags:

C’est aussi ça l’effet Cannes. Les ventes de livres qui s’envolent après leur adaptation cinématographique. Les livres réédités immédiatement avec la photo du film en couverture, même avant que celui-ci ne soit sorti. Et moi qui lit « Entre les murs » de François Bégaudeau, dont l’adaptation par Laurent Cantet, avec l’auteur-prof de français dans son propre rôle, a obtenu la dernière palme d’or à Cannes (sortie le 23 septembre).

Je m’attendais à un bouquin-docu, un peu pamphlet. Pas du tout, c’est un roman. Frais, touchant, souvent drôle. Scènes de la vie quotidienne d’un prof de français d’un collège de ZEP pendant une année scolaire, avec la classe dont il est le prof principal. Un prof qui sait s’excuser, qui « charrie » les élèves, qui ne se mêle pas à ses collègues.

On ne sait rien de sa vie hors les murs, mais on pénètre avec lui dans ce petit monde qu’est le collège. Les conversations dans la salle des profs, les complaintes, les conseils de classe. Les moments de grâce, la solidarité, les moments d’incompréhension, l’impuissance. Les fiches incidents, les exclusions qui se succèdent, les rencontres avec les parents qui ne parlent pas français.

Les mots qu’il faut expliquer tout le temps, les phrases qu’il faut reformuler, les explications alambiquées, les grands moments de solitude d’un prof qui ne veut pas se faire prendre en défaut. Les élèves qui discutaillent tout, attachants et énervants à la fois. La détresse de Mariama (« M’sieur… J’suis perdue »), l’insolence de Khoumba, Tarek qui veut faire des dictées, Dico et Mezut les énervés, Sandra qui lit “La République”…

Extrait:

« A côté de mon père en uniforme, ce détail, somme toute assez commun, conférait pourtant à la photo sa singularité.

Je leur ai laissé dix minutes pour relever les compléments dans la phrase. Au bout de dix secondes, Fayad a levé le doigt.

- Ca veut dire quoi conférait ?

- Conférait c’est comme donnait. Ca veut dire donnait à la photo sa singularité.

Tous les autres ont barré ce qu’ils avaient commencé à faire. Salimata a levé le doigt, trois bracelets par bras, quatre colliers par cou.

-Ca veut dire quoi singularité ?

- Ca veut dire originalité. Tu comprends, originalité ?

- Oui ça veut dire que c’est beau.

- Non, ça veut dire que c’est particulier. Là, ça veut dire que le détail donnait un côté particulier à la photo.

Quand Alyssa cherche, son crayon en pâtit le monde s’embellit.

- Ca veut dire quoi déjà quand on va chez un particulier ?

- Oh là là, c’est autre chose ça. Ca va nous embrouiller.

Mezut n’avait pas besoin de ça pour se perdre.

-M’sieur la phrase elle commence où ?

- Ben quand même Mezut. La phrase c’est tout ce que j’ai écrit au tableau. Ca commence par la majuscule et ça termine par le point. Quand même.

(…)

- Monsieur je comprends pas pourquoi y’a somme au milieu de la phrase.

- Somme, t’es sûre ?

Je me suis penché sur la feuille.

- Ah oui d’accord, somme toute. (…) Vous n’avez qu’à laisser tomber somme toute, dans la phrase ça sert à rien, on peut très bien l’enlever.

Alyssa a desserré l’emprise de ses dents sur le crayon.

- Pourquoi ils l’ont mis si ça sert à rien ?

- D’abord c’est pas il au pluriel, c’est il au singulier. Le gars qu’a écrit ça, il est tout seul.

- Si le gars il a mis somme toute, nous on peut pas l’enlever, sinon ça veut dire ça sert à rien.

- Non, pas vraiment, mais pour les compléments ça sert à rien.

- Donc on le garde.

- Voilà. On le garde mais on le regarde pas.

- C’est obligé qu’on le regarde.

- Bon alors tu regardes un bon coup et après tu finis l’exercice parce que là on a plus le temps. »

François Bégaudeau, Entre les murs, 2006 (Gallimard).

 

La fanfare électronique 18 septembre 2008

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 10:50
Tags: ,

“Quand l’homme marche des jours à travers la steppe il ne rêve que d’une chose : rencontrer une ville. Et, avant même cette hypothétique rencontre, ses pensées la créent de toute pièce.”

Le concert-spectacle “Trois villes imaginaires” a été inspiré par l’œuvre de l’écrivain Italo Calvino “Les Villes Invisibles”. Marco Polo raconte à l’empereur Kublai Khan les villes qu’il a rencontrées lors de ses grands voyages. Chaque ville porte le nom d’une femme. Des villes fantasmatiques, rêvées, improbables, poétiques. Armille qui est faite sans murs, Octavie la ville toile d’araignée, Eutropie qui contient plusieurs villes habitées à tour de rôle, Irène qui change quand on l’approche, Isaura la ville aux mille puits, Raïssa la ville triste qui contient une ville heureuse, Despina la ville des confins entre deux déserts… Des villes qui “comme les rêves sont faites de désirs et de peurs”. C’est un très beau texte, et le thème des villes fantasmées me parle particulièrement.

Pour chacune de ces villes imaginaires (Zobéîde, Clarisse et Octavie), La fanfare électronique a conçu un paysage sonore. Assistez à une partie d’échec entre Marco Polo et le Grand Khan. Plongez dans les atmosphères que crée cette fanfare d’un autre type avec ses instruments-machines…

Concert de musique expérimentale
21 septembre à 20h au chapiteau d’Adrienne (18ème)

http://www.myspace.com/fanfareelectronique

http://www.fanfare-electronique.com/

http://www.chapiteau-adrienne.fr/new/spip.php?article61

Extraits des “Villes invisibles” d’Italo Calvino

“A Ersilie, pour établir les rapports qui régissent la vie de la ville, les habitants tendent des fils qui joignent les angles des maisons, blancs, ou noirs, ou gris, ou blancs et noirs, selon qu’ils signalent des relations de parenté, d’échange, d’autorité, de délégation. Quand les fils sont devenus tellement nombreux qu’on ne peut plus passer au travers, les habitants s’en vont : les maisons sont démontées, il ne reste plus que les fils et leurs supports (…) Ils réédifient Ersilie ailleurs”

“Je dirai maintenant comment est faite Octavie, ville-toile d’araignée. Il y a un précipice entre deux montagnes escarpées : la ville est au-dessus du vide, attachée aux deux crête par des cordes, des chaînes et des passerelles (…) En dessous, il n’y a rien pendant des centaines et des centaines de mètres : un nuage circule ; plus bas on aperçoit le fond du ravin. Telle est la base de la ville : un filet qui sert de lieu de passage et de support. Tout le reste, au lieu de s’élever par-dessus, est pendu en dessous : échelles de corde, hamacs, maisons en forme de sacs, terrasses semblables à des nacelles, outres pour l’eau, becs de gaz, tournebroches, paniers suspendus à des ficelles, monte-charges, douches, pour les jeux trapèze et anneaux, téléphériques, lampadaires, vases de plantes aux feuillages qui pendent. Suspendue au-dessus de l’abîme, la vie des habitants d’Octavie est moins incertaine que dans d’autres villes. Ils savent que la résistance du filet a une limite.”

“Celui qui va à Baucis ne réussit pas à la voir, et il est arrivé. Des perches qui s’élèvent du sol à grande distance les unes des autres et se perdent au-dessus des nuages soutiennent la ville. On y monte par de petits escaliers. Les habitants se montrent rarement à même le sol, ils préfèrent ne pas descendre. Rien de la ville ne touche terre en dehors de ces longues pattes de phénicoptère sur lesquelles elle s’appuie (…) On fait trois hypothèses sur les habitants de Baucis : qu’ils haïssent la Terre ; qu’ils la respectent au point d’éviter tout contact avec elle ; qu’ils l’aiment telle qu’elle était avant eux, et que s’aidant de longues-vues et de télescopes pointés vers le bas, ils ne se lassent pas de la passer en revue, feuille par feuille, rocher par rocher, fourmi par fourmi, y contemplant fascinés leur propre absence”

 

Le meilleur des mondes 17 septembre 2008

Classé dans : Digressions — Neige @ 9:05
Tags:

« Bonjour, je suis Eric, votre conducteur. Bienvenue à bord de votre IDTGV.

Les voitures n°4, 8, 12 et 16 sont des wagons IDzen, espaces de calme et de détente. Vous êtes priés d’éteindre vos téléphones et d’adopter la zen attitude.

Les autres wagons sont des IDzap, espaces de convivialité. Si ce n’est pas encore fait, c’est le moment de saluer votre voisin.

Les baristas, Alex et Jérémy, sont à votre disposition dans la voiture bar, vous pourrez y écouter de la musique et y louer les derniers DVD sortis ainsi que la PSP.

Bon voyage sur IDTGV. »

TGV Paris-Nantes.