la neige des mots

Et pendant ce temps là… 19 novembre 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 3:48

En ce moment en France :

Un débat sur l’identité nationale est lancé ; des milliers de personnes rassemblées pour ramasser des billets à la tour Eiffel se sont battues après l’annulation de l’événement ; Dany Boon devient chevalier de la légion d’honneur ; le fils de Sarkozy porte désormais des lunettes ; c’est mal barré pour un accord sur le climat ; personne ne veut être malade, personne ne veut se faire vacciner ; l’homme est un loup pour l’homme et ça ne s’arrange pas…

Et pendant ce temps là…

J’entame les démarches pour obtenir la double nationalité franco-espagnole et je vis en Allemagne ; c’est la dèche comme jamais mais je suis heureuse comme jamais ; je n’ai toujours pas l’intention de voir “Les chtis” mais j’ai revu les “Ailes du désir” de Wim Wenders ; je n’ai ni lunettes ni boulot ; la semaine dernière on a eu notre première tombée de neige à Berlin ; je me sens invulnérable et pourtant toute petite en traversant la Karl-Marx-Allee ; je lis “Le loup des steppes” de Hermann Hesse et c’est magnifique…

 

Vanité vaniteuse 31 octobre 2009

Classé dans : vanités — Neige @ 4:34
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Polke, Skull

Sigmar Polke/Achim Duchow, Skull, 1974 (collection privée).

Exposition à la Kunsthalle de Hambourg “Polke: Wir kleinbürger! Zeitgenossen und Zeitgenossinen”

13 mars 2009-17 janvier 2010

 

Je me souviens du PACS 16 octobre 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 4:27
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PACS

Le PACS a 10 ans.

Ça ne vous semble peut-être rien d’incroyable, mais je me souviens…

Ça ne paraissait vraiment pas gagné à ce moment là.

Je me souviens notamment de la grande manif anti-PACS du 31 janvier.

Toute la droite dans la rue, en famille, avec ses enfants à blazer et serre-têtes.

Les chars avec des gens déguisés en gaulois qui chantaient “I will survive”, les drapeaux à fleur de lys.

L’impression qu’ils se défendaient contre le PACS comme si il en allait de leur vie.

La manifestation protégée par le service d’ordre du FN, qui nous coince devant un musée.

Les gens sortant du musée, coincés du coup, qui se joignent à nous.

Le vieux maire avec son écharpe tricolore, qui nous sort que “si Adam et Eve avait été homos, et ben tintin, hein!”

La violence des mots, la violence des slogans, la violence des gestes.

Nous, lycéens atterrés, attristés, larmes de colère, devant s’enfuir devant une attaque en fin de manif.

Le dégoût avec la Boutin qui montrait plus de convictions qu’un PS timoré et absent pour voter.

Un espoir immense pourtant, malgré tout.

Moi, 9 ans plus tard, me pacsant avec mon amoureux, émue.

 

En novembre, déjà 20 ans! 12 octobre 2009

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 10:18
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Allez, hop, une petite pub pour un spectacle produit par mon association, fruit d’une intense collaboration avec l’auteur-metteur en scène Manon Heugel et son formidable collectif Block and Fall! Une création accompagnée depuis l’écriture et montée entre Paris et Berlin à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin.

L’association TAKT et le collectif BLOCK N’FALL présentent :

NOVEMBRE, DÉJÀ

Novembre, déjà

Drame théâtre/vidéo du collectif BLOCK N’FALL
Écrit et mis en scène par Manon Heugel
Avec Jennifer Decker et la voix de Michael Lonsdale

Le mercredi 21 octobre 2009 à 20h30


Berlin-Est, 1989, prison de Hohenschönhausen. Sylvia (Jennifer Decker) répond aux interrogatoires répétés d’un officier de la Stasi (la voix de Michael Lonsdale). Qui est cette jeune femme ? Une espionne et une journaliste manipulatrice ? Une citoyenne de la RFA emprisonnée par erreur ? Sylvia jure qu’Heike – sa sœur, son double, qu’on voit évoluer sur les murs de la geôle grâce à un écran vidéo – lui a volé son identité pour s’enfuir à l’Ouest. Pour échapper à la perte d’identité et à la folie vers laquelle la Stasi la pousse, Sylvia a deux issues : apprendre à réconcilier la femme de l’Ouest avec la femme de l’Est… ou laisser le Mur tomber et préparer sa vengeance.

Comprendre 1989 : Novembre, déjà est le fantasme d’une génération qui n’a pas vécu la chute du Mur, celle des 20-30 ans. Dans cette pièce pour une actrice et une machine parlante sur fond de projections vidéo, le collectif franco-allemand Block and Fall s’intéresse aux questions d’identité et refuse de juger l’Histoire.

Avec le soutien de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et du Programme Jeunesse Européenne en Action (PEJA)

En partenariat avec l’association TAKT


Maison Heinrich Heine/Fondation de l’Allemagne
Cité internationale universitaire de Paris, 27c, bd Jourdan 75014 Paris
RER B Cité universitaire
Plan d’accès

8 euros tarif plein/5 euros tarif réduit
Informations et réservations: takt@takt.asso.fr

Autres dates programmées:

- Le jeudi 5 novembre à 20h à l’Institut Robert Schuman de Bonn
- Le mardi 10 novembre à 17h30 à la Konrad Adenauer Stiftung de Dakar
- Le jeudi 12 novembre à 20h à l’Institut français de Berlin (festival “Mur, Mauer, Echo”)
- Le mardi 17 novembre à 19h00 à la Konrad Adenauer Stiftung de Berlin

 

Les miettes 6 octobre 2009

Classé dans : Petites histoires — Neige @ 5:12
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canards

Je suis installé dans un de ces fauteuils de plage bleus et blancs loués à la journée. Les fesses bien calées sur ma serviette, pour éviter la douleur de la peau qui reste collée en se relevant, un journal sur les cuisses, le soleil dans la tronche. Elle est allongée sur un transat à côté, en train de cramer sur le ventre, la tête entre les bras. Je la regarde un instant.

Sa cuisse cellulitée et marbrée, son maillot orange fluo 80’s trop petit qui boudine ses fesses, sa peau blanche avec des traces de boutons, sa poitrine sèche écrasée sur le transat, ses mains trop fines de sorcière, ses cheveux jaunâtres, son odeur âcre mélangée à celle de la crème solaire. Putain ce qu’elle est moche ça devrait pas être permis. Je peux vraiment plus la piffrer c’est dingue.

Pourtant je l’ai adoré à un point. J’aurais tout fait pour elle. Je la désirais sans cesse, intensément, violemment même. C’est sûr, on s’est marié trop vite. C’est ma faute. Je la voulais, à moi tout seul, tout le temps, tous les jours. Je me noyais dans son regard, je pouvais passer des heures à la contempler, à la caresser. Ah voilà qu’en plus elle s’est assoupie elle fait des bruits bizarres avec sa bouche écrasée tordue contre le matelas, si ça continue elle va baver. Au secours.

J’essaie de me concentrer à nouveau sur mon article, mais je n’y arrive pas. Mon esprit s’égare, j’imagine la vie sans elle, peinard. Je regarde le lac, une troupe de canards bien gras débarquent. Je les attire avec des miettes du goûter qu’elle m’a acheté. Elle me l’a ramené avec un air mielleux. Un chausson aux pommes. Tout ce que je déteste. Comme si elle savait pas que je les ai en horreur.

Elle fait semblant de toujours m’adorer, elle me couve de ses yeux globuleux et gras comme une tâche de pétrole sur la mer, me fait des petites attentions. Je pense qu’elle non plus ne peux plus m’encadrer mais c’est comme si la meilleure torture qu’elle avait trouvé était de rester une parfaite petite femme, tout en étant toujours à côté de la plaque. Elle va me rendre fou c’est clair.

Les canards s’approchent. Je ricane intérieurement et me mets à lancer des miettes tout autour de son transat. D’autres arrivent, attirés par le bon filon. Ils cancanent, se dodinent, ça la tire doucement de son sommeil je vois qu’elle remue un pied. Je jette carrément les miettes sur le transat maintenant. Les canards se jettent dessus, de plus en plus excités et rejoints par une poule d’eau immonde, prêts à monter sur le transat. J’en jette délicatement sur elle, j’ai tellement envie de rire que j’en hoquète. Ça y est ils picorent sur elle. Elle se réveille brutalement au milieu des volatiles et pousse un cri terrifié.

J’ai juste le temps de faire comme si je sortais de ma concentration sur mon journal et de lui demander avec sollicitude et l’air naïf ce qui lui arrive. Plus de miettes, le crime est parfait. Elle a les larmes aux yeux, la bouche déformée par le dégoût. Elle a horreur de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un oiseau. Elle s’est levée et les repousse avec ses pieds en tentant de garder un air digne. Elle halète “ah mon chéri mon chéri ils en ont après moi je sais pas pourquoi”. Je me mords la lèvre. Putain ce que je la déteste.

 

Prendre la route 1 juillet 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 9:09
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Cindy Sherman,Untitled Film Still #48, 1979, reprinted 1998.
Courtesy Cindy Sherman and Metro Pictures Gallery © Tate

Cindy Sherman

1 an que la Neige en moi s’exprime sur la toile! Mais en ce moment j’ai envie de faire une pause, de prendre la route… Ça tombe bien: bientôt les vacances puis l’installation à Berlin!

Amis bloggeurs, connaissez-vous parfois un sentiment de lassitude ? Avez-vous parfois envie d’arrêter? L’envie d’écrire juste pour soi?  Dans un autre format? Regrettez-vous certains billets? Ceux que vous avez écrits, mais aussi ceux que vous n’avez pas écrits?

J’ai une pensée pour tous ces billets jamais écrits ou jamais postés… J’aurais voulu trouver les mots pour vous parler de ces pièces de théâtre qui m’ont mis une claque durant cette année, comme le génial “Hamlet” d’Ostermeier ou “La douleur” de Duras (mise en scène Patrice Chéreau).

De concerts dingues comme ceux des Puppetmastaz, Beat Assaillant, dans un autre registre le “Quatuor pour la fin du temps” d’Olivier Messiaen, ou décevants comme ceux de Tricky ou Socalled.

De ces livres qui m’ont touchée comme “L’écriture ou la vie” de Jorge Semprun, “Big Sur” de Jack Kerouac, “Belle du Seigneur” d’Albert Cohen ou encore du superbe “livre des vanités” d’Elisabeth Quin.

Du festival de danse Artdanthé à Vanves, avec notamment la compagnie “Un loup pour l’homme” et leur duo  “Appris par corps” ou encore l’incroyable soirée de clôture qui se termine en fiesta dans le théâtre.

D’expos pertinentes comme celle sur Hopper et son temps au Bucerius KunstForum à Hambourg, ou encore “Silences” proposée par Marin Karmitz au Musée d’art moderne de Strasbourg.

De visites étonnantes comme cet hôtel-village des Barbapapa construit par l’architecte des 60’s Pascal Häusermann dans les Vosges et sa love bubble ou édifiantes comme la visite du camp de concentration du Struthof en Alsace.

De  ces moments improbables comme le festival rock’n'roll au fin fond de la Forêt Noire à la source du Danube ou les karaokés-dance avec les potes (voir notre prochaine chorégraphie).

J’aurais également aimé m’engager sur certains sujets, mais je  me suis refusée à surfer sur l’actualité politique et à réagir trop à chaud. On verra cette année…

Je vous dis à bientôt et passez un bon été!

 

Jeux de pochettes 23 juin 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 6:12
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photo

Et oui, moi aussi je me suis prêtée à ce petit jeu qui plait tant à Magda et Arbobo! Merci à Maigath pour ses talents de photographe!

Autant vous dire qu’on s’est bien marré en faisant la photo! On en a fait d’autres moins montrables, désolée…

Bon, on n’est pas aussi bons que Yadogg, je vous conseille d’aller faire un tour sur son site!

 

Le bain des princesses 19 juin 2009

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 6:39
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Prinzessinenbad

Les trois princesses du documentaire de Bettina Blümer “Prinzessinenbad”

Les princesses fument comme des pompiers et picolent.

Les princesses sont belles et impertinentes.

Les princesses comptent leurs ex.

Les princesses adorent leur quartier Kreuzberg et les turcs.

Les princesses se tiennent par la main.

Les princesses rigolent comme des gamines et se maquillent comme des grandes.

Les princesses ont des  pères absents et des mères soixante-huitardes.

Les princesses ont le regard plein d’incertitudes et de désillusions.

Les princesses vont à la piscine.

Ces princesses, ce sont Klara, Mina et Tanutscha, 15 ans,  magnifiquement filmées par Bettina Blümer dans leur quotidien : conversations avec les mères, entre copines, sur l’avenir, les copains, l’amitié, le sexe (elles ne parlent pas d’amour, même Mina qui vit une relation amoureuse sérieuse).

Il y a Klara, la jolie blonde un peu énigmatique qui n’aime que les turcs et à qui les garçons font faire des bêtises, Tanutscha la grande gueule, qui se défoule sur les mecs dans des chats téléphoniques, et la douce et inquiète Mina, avec sa tristesse silencieuse d’amoureuse.

Les trois princesses déambulent dans leur quartier (leur “Kiez”), au rythme des métros aériens, et se retrouvent à la piscine en plein air de Kreuzberg (“Prinzenbad”, le bain des princes, d’où le nom du docu “Prinzessinenbad”).  Les dialogues sont savoureux et les trois filles magnifiques, on se demande parfois si on n’est pas dans un film, impression accentuée par le montage et la musique. “J’aime les documentaires quand on a l’impression qu’ils sont une fiction et les fictions qui font penser à des documentaires”, déclare la réalisatrice.

Bettina Blümer a très bien su filmer ces trois ados dans cette période trouble où se mêle l’enfance et l’adulte, pleine de “Sehnsucht” (mot difficile à traduire, qui signifie à la fois “aspiration à” et “nostalgie”, un mélange romantique d’ardeur et de langueur, de désir et d’ennui, d’espérance et de mélancolie), ce quelque chose d’indicible et de fugitif qu’avait su si bien saisir Sofia Coppola dans “Virgin Suicides”.

(Cet article est un “crossover” avec le blog de mon association TAKT )

Rediffusions sur ARTE:
27.06.2009 à 15:50
01.07.2009 à 01:10

Teaser en allemand

un tour au Prinzenbad!

 

Berlin calling 3 juin 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 3:00
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berlin-calling

Un film génial découvert lors d’une projection très privée de Magda sur le mur blanc de son appartement berlinois !

Je reviens d’un séjour entre Berlin et Hambourg, deux villes que j’aime depuis tant d’années, et je n’ai qu’une envie, repartir.

Comme chante l’autre, Berlin m’appelle…

Hum. Que faire.

“Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ; Pars, s’il le faut” dixit ce vieux Charles…

 

Poésie et cut up 11 mai 2009

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 6:49
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Ponyo

En sortant du cinéma, joyeuse et enfantine, je repense à Ponyo en sautillant…

J’ai complètement craqué  sur “La petite sirène” version Myazaki, une petite fille-poisson rouge débordante de gaieté qui veut devenir humaine pour vivre avec son amoureux Sosuke, le petit garçon courageux qui vit dans la maison sur la falaise.

“Ponyo sur la falaise” est une merveille de poésie et de fantaisie. Le monde aquatique envahit tout le film, la mer vit, les fonds marins irradient autour de la bulle du sorcier, les vagues déferlent sur la petite ville et l’engloutissent, Ponyo court sur des vagues-poissons, des poissons antiques nagent au-dessus des routes…

Les dessins sont tous réalisés à la main, on est loin des films d’animation habituels à gags, comique de répétition et morale, impeccablement dessinés sur ordinateur. “Ponyo sur la falaise” est un conte déroutant, enchanteur, tendre et joyeux!

Un katsudon plus tard, pas envie de dormir, rien de tel que le zapping de nuit sur ARTE…

Et je tombe sur “Cut up”, une série de mini-documentaires (quelques minutes) sélectionnés sur un thème, cette fois le pouvoir, et introduits par le nonchalant et décalé Jackie Berroyer.

Des étudiants ont 2 minutes pour convaincre leur coach, qui veut “du clinquant, du panache” ; Fons défie Ying, le chef des chimpanzés, pour prendre le pouvoir ; on assiste à une battle hip hop ; la maitresse de Clinton fait des révélations ; on apprend que tuer peut rendre joyeux ; Steve Ballmer est hystérique ; le videur de la boite de nuit en voit des vertes et des pas (ou trop?) mûr(e)s ; un avion bombarde une cacahouète ; les élections de délégués de la classe deviennent un enjeu démesuré et l’assistante prend le pouvoir sur l’agenda du directeur…

J’attends la prochaine émission (variations sur le thème du travail)  avec impatience!

Voir la dernière émission (dispo 1 semaine):  Le pouvoir

Cut up, sur ARTE chaque samedi du 2 mai au 13 juin 2009, à 18h05 (et rediffusé le dimanche à 1h15).