la neige des mots

Prendre la route 1 juillet 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 9:09
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Cindy Sherman,Untitled Film Still #48, 1979, reprinted 1998.
Courtesy Cindy Sherman and Metro Pictures Gallery © Tate

Cindy Sherman

1 an que la Neige en moi s’exprime sur la toile! Mais en ce moment j’ai envie de faire une pause, de prendre la route… Ça tombe bien: bientôt les vacances puis l’installation à Berlin!

Amis bloggeurs, connaissez-vous parfois un sentiment de lassitude ? Avez-vous parfois envie d’arrêter? L’envie d’écrire juste pour soi?  Dans un autre format? Regrettez-vous certains billets? Ceux que vous avez écrits, mais aussi ceux que vous n’avez pas écrits?

J’ai une pensée pour tous ces billets jamais écrits ou jamais postés… J’aurais voulu trouver les mots pour vous parler de ces pièces de théâtre qui m’ont mis une claque durant cette année, comme le génial “Hamlet” d’Ostermeier ou “La douleur” de Duras (mise en scène Patrice Chéreau).

De concerts dingues comme ceux des Puppetmastaz, Beat Assaillant, dans un autre registre le “Quatuor pour la fin du temps” d’Olivier Messiaen, ou décevants comme ceux de Tricky ou Socalled.

De ces livres qui m’ont touchée comme “L’écriture ou la vie” de Jorge Semprun, “Big Sur” de Jack Kerouac, “Belle du Seigneur” d’Albert Cohen ou encore du superbe “livre des vanités” d’Elisabeth Quin.

Du festival de danse Artdanthé à Vanves, avec notamment la compagnie “Un loup pour l’homme” et leur duo  “Appris par corps” ou encore l’incroyable soirée de clôture qui se termine en fiesta dans le théâtre.

D’expos pertinentes comme celle sur Hopper et son temps au Bucerius KunstForum à Hambourg, ou encore “Silences” proposée par Marin Karmitz au Musée d’art moderne de Strasbourg.

De visites étonnantes comme cet hôtel-village des Barbapapa construit par l’architecte des 60’s Pascal Häusermann dans les Vosges et sa love bubble ou édifiants comme la visite du camp de concentration du Struthof en Alsace.

De  ces moments improbables comme le festival rock’n'roll au fin fond de la Forêt Noire à la source du Danube ou les karaokés-dance avec les potes (voir notre prochaine chorégraphie).

J’aurais également aimé m’engager sur certains sujets, mais je  me suis refusée à surfer sur l’actualité politique et à réagir trop à chaud. On verra cette année…

Je vous dis à bientôt et passez un bon été!

 

Jeux de pochettes 23 juin 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 6:12
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photo

Et oui, moi aussi je me suis prêtée à ce petit jeu qui plait tant à Magda et Arbobo! Merci à Maigath pour ses talents de photographe!

Autant vous dire qu’on s’est bien marré en faisant la photo! On en a fait d’autres moins montrables, désolée…

Bon, on n’est pas aussi bons que Yadogg, je vous conseille d’aller faire un tour sur son site!

 

Le bain des princesses 19 juin 2009

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 6:39
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Prinzessinenbad

Les trois princesses du documentaire de Bettina Blümer “Prinzessinenbad”

Les princesses fument comme des pompiers et picolent.

Les princesses sont belles et impertinentes.

Les princesses comptent leurs ex.

Les princesses adorent leur quartier Kreuzberg et les turcs.

Les princesses se tiennent par la main.

Les princesses rigolent comme des gamines et se maquillent comme des grandes.

Les princesses ont des  pères absents et des mères soixante-huitardes.

Les princesses ont le regard plein d’incertitudes et de désillusions.

Les princesses vont à la piscine.

Ces princesses, ce sont Klara, Mina et Tanutscha, 15 ans,  magnifiquement filmées par Bettina Blümer dans leur quotidien : conversations avec les mères, entre copines, sur l’avenir, les copains, l’amitié, le sexe (elles ne parlent pas d’amour, même Mina qui vit une relation amoureuse sérieuse).

Il y a Klara, la jolie blonde un peu énigmatique qui n’aime que les turcs et à qui les garçons font faire des bêtises, Tanutscha la grande gueule, qui se défoule sur les mecs dans des chats téléphoniques, et la douce et inquiète Mina, avec sa tristesse silencieuse d’amoureuse.

Les trois princesses déambulent dans leur quartier (leur “Kiez”), au rythme des métros aériens, et se retrouvent à la piscine en plein air de Kreuzberg (”Prinzenbad”, le bain des princes, d’où le nom du docu “Prinzessinenbad”).  Les dialogues sont savoureux et les trois filles magnifiques, on se demande parfois si on n’est pas dans un film, impression accentuée par le montage et la musique. “J’aime les documentaires quand on a l’impression qu’ils sont une fiction et les fictions qui font penser à des documentaires”, déclare la réalisatrice.

Bettina Blümer a très bien su filmer ces trois ados dans cette période trouble où se mêle l’enfance et l’adulte, pleine de “Sehnsucht” (mot difficile à traduire, qui signifie à la fois “aspiration à” et “nostalgie”, un mélange romantique d’ardeur et de langueur, de désir et d’ennui, d’espérance et de mélancolie), ce quelque chose d’indicible et de fugitif qu’avait su si bien saisir Sofia Coppola dans “Virgin Suicides”.

(Cet article est un “crossover” avec le blog de mon association TAKT )

Rediffusions sur ARTE:
27.06.2009 à 15:50
01.07.2009 à 01:10

Teaser en allemand

un tour au Prinzenbad!

 

Berlin calling 3 juin 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 3:00
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berlin-calling

Un film génial découvert lors d’une projection très privée de Magda sur le mur blanc de son appartement berlinois !

Je reviens d’un séjour entre Berlin et Hambourg, deux villes que j’aime depuis tant d’années, et je n’ai qu’une envie, repartir.

Comme chante l’autre, Berlin m’appelle…

Hum. Que faire.

“Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ; Pars, s’il le faut” dixit ce vieux Charles…

 

Poésie et cut up 11 mai 2009

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 6:49
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Ponyo

En sortant du cinéma, joyeuse et enfantine, je repense à Ponyo en sautillant…

J’ai complètement craqué  sur “La petite sirène” version Myazaki, une petite fille-poisson rouge débordante de gaieté qui veut devenir humaine pour vivre avec son amoureux Sosuke, le petit garçon courageux qui vit dans la maison sur la falaise.

“Ponyo sur la falaise” est une merveille de poésie et de fantaisie. Le monde aquatique envahit tout le film, la mer vit, les fonds marins irradient autour de la bulle du sorcier, les vagues déferlent sur la petite ville et l’engloutissent, Ponyo court sur des vagues-poissons, des poissons antiques nagent au-dessus des routes…

Les dessins sont tous réalisés à la main, on est loin des films d’animation habituels à gags, comique de répétition et morale, impeccablement dessinés sur ordinateur. “Ponyo sur la falaise” est un conte déroutant, enchanteur, tendre et joyeux!

Un katsudon plus tard, pas envie de dormir, rien de tel que le zapping de nuit sur ARTE…

Et je tombe sur “Cut up”, une série de mini-documentaires (quelques minutes) sélectionnés sur un thème, cette fois le pouvoir, et introduits par le nonchalant et décalé Jackie Berroyer.

Des étudiants ont 2 minutes pour convaincre leur coach, qui veut “du clinquant, du panache” ; Fons défie Ying, le chef des chimpanzés, pour prendre le pouvoir ; on assiste à une battle hip hop ; la maitresse de Clinton fait des révélations ; on apprend que tuer peut rendre joyeux ; Steve Ballmer est hystérique ; le videur de la boite de nuit en voit des vertes et des pas (ou trop?) mûr(e)s ; un avion bombarde une cacahouète ; les élections de délégués de la classe deviennent un enjeu démesuré et l’assistante prend le pouvoir sur l’agenda du directeur…

J’attends la prochaine émission (variations sur le thème du travail)  avec impatience!

Voir la dernière émission (dispo 1 semaine):  Le pouvoir

Cut up, sur ARTE chaque samedi du 2 mai au 13 juin 2009, à 18h05 (et rediffusé le dimanche à 1h15).

 

La clef des songes 26 avril 2009

Classé dans : Parenthèses poétiques — Neige @ 2:32
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Magritte

René Magritte, La clef des songes, 1930.

Cette nuit

Une autre vie.


Allongée sur des plumes dans la mansarde

La flamme se balance au plafond de bois

Une cigarette se consume entre mes doigts


Je nage dans l’azur les nuages filent à travers mes doigts

Neige mousseuse coton flocons soyeux

Je flotte la lune si proche si ronde de douceur


Je m’obstine à courir dévaler des escaliers en escarpins

Traverser un désert poudreux de la poussière plein les yeux

Je m’essouffle un orage colérique me rattrape


Les pommes sont pourries dans le jardin chancelant

La  foudre déchire la toile et balafre le soleil

Plus rien ne sera comme avant


Derrière la porte d’arabesques et de vitraux bleus

Des paillettes de lui au bout de mon pinceau

Mes pensées-papillons dansent et éclatent en bulles


L’aube se rose de diamants l’églantine éclot

Dans les fulgurances je déchiffre le monde

Une étoile me murmure une île sans fin


Cette autre vie

Une nuit.

 

Déjà mon anniversaire 14 avril 2009

Classé dans : Digressions — Neige @ 1:25
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René Magritte, Le temps traversé, 1939.

Magritte

Putain de vie qui n’en finit pas de se vivre
Putain d’angoisse dans le bide
Putain de décompte
Envie de fuir

Que restera-t-il de ce que je suis aujourd’hui
Tous les jours un peu plus autre
Toujours la même
Incertitude

Déjà je me modifie encore je me suis lointaine
Déjà je suis fatiguée d’avance
La patine du temps
Déjà

 

Alcools 11 avril 2009

Classé dans : Parenthèses poétiques — Neige @ 11:45
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Picasso, femme aux bras croisés

A Picasso

Le printemps laisse errer les fiancés parjures
Et laisse feuilloler longtemps les plumes bleues
Que secoue le cyprès où niche l’oiseau bleu

Une Madone à l’aube a pris les églantines
Elle viendra demain cueillir les giroflées
Pour mettre aux nids des colombes qu’elle destine
Au pigeon qui ce soir semblait le Paraclet

Au petit bois de citronniers s’énamourèrent
D’amour que nous aimons les dernières venues
Les villages lointains sont comme les paupières
Et parmi les citrons leurs cœurs sont suspendus

______

Mes amis m’ont enfin avoué leur mépris
Je buvais à pleins verres les étoiles
Un ange a exterminé pendant que je dormais
Les agneaux les pasteurs des tristes bergeries
De faux centurions emportaient le vinaigre
Et les gueux mal blessés par l’épurge dansaient
Étoiles de l’éveil je n’en connais aucune
Les becs de gaz pissaient leur flamme au clair de lune
Des croque-morts avec des bocks tintaient des glas
A la clarté des bougies tombaient vaille que vaille
Des faux cols sur les flots de jupes mal brossées
Des accouchées masquées fêtaient leur relevailles
La ville cette nuit semblait un archipel
Des femmes demandaient l’amour et la dulie
Et sombre sombre fleuve je me rappelle
Les ombres qui passaient n’étaient jamais jolies

______

Je n’ai plus même pitié de moi
Et ne puis exprimer mon tourment de silence
Tous les mots que j’avais à dire se sont changés en étoiles
Un Icare tente de s’élever jusqu’à chacun de mes yeux
Et porteur de soleils je brûle au centre de deux nébuleuses
Qu’ai-je fait aux bêtes théologales de l’intelligence
Jadis les morts sont revenus pour m’adorer
Et j’espérais la fin du monde
Mais la mienne arrive en sifflant comme un ouragan

______

J’ai eu le courage de regarder en arrière
Les cadavres de mes jours
Marquent ma route et je les pleure
Les uns pourrissent dans les églises italiennes
Ou bien dans de petits bois de citronniers
Qui fleurissent et fructifient
En même temps et en toute saison
D’autres jours ont pleuré avant de mourir dans des tavernes
Où d’ardents bouquets rouaient
Aux yeux d’une mulâtresse qui inventait la poésie
Et les roses de l’électricité s’ouvrent encore
Dans le jardin de ma mémoire

______

Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître l’ancien jeu des vers
Je ne sais plus rien et j’aime uniquement
Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes
Je médite divinement
Et je souris des êtres que je n’ai pas créés
Mais si le temps venait où l’ombre enfin solide
Se multipliait en réalisant la diversité formelle de mon amour
J’admirerais mon ouvrage

______

J’observe le repos du dimanche
Et je loue la paresse
Comment comment réduire
L’infiniment petite science
Que m’imposent mes sens
L’un est pareil aux montagnes au ciel
Aux villes à mon amour
Il ressemble aux saisons
Il vit décapité sa tête est le soleil
Et la lune son cou tranché
Je voudrais éprouver une ardeur infinie
Monstre de mon ouïe tu rugis et tu pleures
Le tonnerre te sert de chevelure
Et tes griffes répètent le chant des oiseaux
Le toucher monstrueux m’a pénétré m’empoisonne
Mes yeux nagent loin de moi
Et les astres intacts sont mes maîtres sans épreuve
La bête des fumées a la tête fleurie
Et le monstre le plus beau
Ayant la saveur du laurier se désole

______

A la fin les mensonges ne me font plus peur
C’est la lune qui cuit comme un oeuf sur le plat
Ce collier de gouttes d’eau va parer la noyée
Voici mon bouquet de fleurs de la Passion
Qui offrent tendrement deux couronnes d’épines
Les rues sont mouillées de la pluie de naguère
Des anges diligents travaillent pour moi à la maison
La lunbe et la tristesse disparaîtront pendant
Toute la sainte journée
Toute la sainte journée j’ai marché en chantant
Une dame penchée à sa fenêtre m’a regardé longtemps
M’éloigner en chantant

______

Au tournant d’une rue je vis des matelots
Qui dansaient le cou nu au son d’un accordéon
J’ai tout donné au soleil
Tout sauf mon ombre

Les dragues les ballots les sirènes mi-mortes
A l’horizon brumeux s’enfonçaient les trois-mâts
Les vents ont expiré couronnés d’anémones
O Vierge signe pur du troisième mois

______

Templiers flamboyants je brûle parmi vous
Prophétisons ensemble ô grand maître je suis
Le désirable feu qui pour vous se dévoue
Et la girande tourne ô belle ô belle nuit

Liens déliés par une libre flamme Ardeur
Que mon souffle éteindra O Morts à quarantaine
Je mire de ma mort la gloire et le malheur
Comme si je visais l’oiseau de la quintaine

Incertitude oiseau feint peint quand vous tombiez
Le soleil et l’amour dansaient dans le village
Et tes enfants galants bien ou mal habillés
Ont bâti ce bûcher le nid de mon courage

Les Fiançailles, Guillaume Apollinaire, “Alcools”, 1913.

 

Istanbul 7 avril 2009

Classé dans : Mes yeux mes oreilles — Neige @ 9:48
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la citerne basilique

Je suis devant l’ordi et j’aimerais écrire.  Je laisse aller mes pensées. J’ai du mal, je cherche mes mots, je rature. Trois semaines que je suis rentrée et j’y arrive pas. Je voudrais l’évoquer sans jamais la nommer. Écrire la ville, y inscrire quelque chose de ma vie. Un texte un peu mystique, peut-être.  Mystérieux, envoutant, rythmé. Pas descriptif en tout cas, pas un poème à images de cartes postales. Ce serait un texte plein de rêverie, lumineux et émouvant. Une mosaïque de mots. J’évoquerais une ville moderne et indisciplinée. Je dessinerais des minarets ciselés dans le ciel et un bazar coloré débordant de bijoux. Ça sentirait la pomme et les épices. Je vous ferais écouter l’étrange chant du muezzin.  Celui qui vous tire de votre sommeil, un peu angoissant. Ou alors celui de la tombée de la nuit,  qu’on entend du ferry en partant de la rive asiatique. Je vous ferais goûter des loukoums à la rose et du miel avec ses alvéoles. Je n’oublierais pas de vous surprendre avec la pluie et la brume sur le Bosphore. Vous fumeriez un narguilé, vous boiriez un verre de vin démesuré en regardant passer le tram rouge qui remonte Istiklâl. Je vous ferais prendre un taksi en sortant d’un bar branché. Il essaierait de vous arnaquer gentiment, mais vous amènerait à la Tour de Galata. Vous auriez le souffle court et vous seriez juste heureux.

Mon texte ne serait évidemment pas mièvre et je m’abstiendrais d’utiliser le mot féérique.

 

Vanités pop 26 février 2009

Classé dans : vanités — Neige @ 8:37
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Warhol

Andy Warhol, Skull, 1976.

Andy Warhol

Andy Warhol, Self portrait with skull, 1977.